La variété des métiers du contrôle de gestion en entreprise offre de multiples possibilités de s’investir dans l’exploitation de la data, l’analyse et la planification. Dans les fonctions centrales, proche de la direction générale, se trouve le contrôleur de gestion corporate. Ce financier occupe une place particulière dans les groupes de sociétés, là où le reporting est roi.
Quelles sont ses attributions classiques ? Quel est son profil type ? Quelle formation et quelle expérience sont nécessaires pour un tel poste ? Quelles sont les qualités essentielles pour une telle position, entre le marteau et l’enclume ? Sur quels outils s’appuie-t-il aujourd’hui pour la gestion de la performance ? Voilà les questions auxquelles nous tentons de répondre.
Contrôleur de gestion corporate ou central : définition et enjeux
La fonction de contrôle de gestion corporate existe essentiellement dans les groupes de sociétés. Parfois, vous rencontrez des termes comme contrôleur de gestion central, contrôleur financier, voire FP&A manager (Financial Planning & Analysis).
Qu’est-ce qu’un contrôleur de gestion corporate ?
Ce contrôleur de gestion travaille au sein de la direction financière du groupe ou d’une branche pour les grandes structures. Il pilote la remontée du reporting de plusieurs entités françaises ou étrangères. Il est garant, vis-à-vis de la direction, de la consolidation des données pour un palier. Il assure l’interface entre les demandes et besoins du siège et de sa direction et les contrôleurs de gestion sur sites, dans les business units ou les filiales.
Ce contrôleur de gestion est un maillon indispensable au bon fonctionnement des processus budgétaires, de planification et de consolidation. C’est aussi le cas pour tout projet central lié au système d’information et qui implique la direction financière.
Quels sont les enjeux du métier FP&A en central dans un groupe ou dans une grande entreprise ?
FP&A est souvent le nouveau nom donné à l’ancien contrôleur de gestion central ou contrôleur financier. C’est le terme plus moderne de ces dernières années qui supplante tous les autres dans les grands groupes, et en particulier internationaux. Les enjeux restent les mêmes autour du pilotage de la performance. La data se situe plus que jamais au centre des préoccupations.
Se trouver au cœur de la stratégie de l‘entreprise… et de la tourmente ou de la pression

Plus près du bon Dieu, le contrôleur de gestion corporate est aussi plus soumis à la pression des échéances et des résultats. Les demandes d’analyse ou d’études ponctuelles s’ajoutent aux travaux récurrents de reporting, et souvent la veille pour le lendemain.
En tant que courroie de transmission avec les autres financiers du groupe, notamment dans les filiales, le contrôleur de gestion central vit le stress et doit éviter de trop le redescendre. Mais, en contrepartie, il accède souvent de façon privilégiée et confidentielle à des réflexions stratégiques dès qu’elles émergent.
Parvenir à extraire la substantifique moelle d’une data volumineuse
La difficulté dans les grandes structures multi-activités, multi-domaines, avec x branches et des dizaines de filiales, c’est d’éviter la noyade. Le contrôle de gestion central doit structurer son organisation, la remontée des données chiffrées et leur consolidation. Comment éviter que chaque branche établisse ses propres indicateurs, tableaux de bord, visuels, etc. ? Comment parvenir à vendre un socle commun rationnel, même s’il semble trop étriqué à certaines directions opérationnelles ?
Se situer entre le marteau et l’enclume et savoir communiquer intelligemment
Les services du type FP&A occupent une place peu envieuse où la pression vient de la direction, et où le terrain parfois refuse de respecter les échéances et les consignes. Même la filiale la plus exotique du groupe doit pourtant se plier aux délais.
C’est souvent le contrôleur de gestion corporate qui en paie les pots cassés, sauf s’il sait manier intelligemment le bâton, généralement… sans disposer de la moindre carotte. Faire preuve de pédagogie, avec un zeste d’empathie et de sympathie, aide à mettre de l’huile dans les rouages.
Savoir s’organiser dans son travail, tout en restant patient face aux échéances
Le contrôleur de gestion corporate doit tenir les échéances du groupe. Il dépend des autres, de leur efficacité, de leur organisation et de leur bon vouloir. C’est à lui de leur faciliter le travail. La mise en place des bons logiciels constitue une des clés pour soutenir le terrain.
Mieux vaut aussi faire preuve de patience et éviter de rappeler les interlocuteurs des filiales trois fois par jour. Sa fine connaissance de chaque contrôleur de gestion l’aide à analyser la gravité ou non des potentiels silences ou retards.
Contrôle de gestion corporate : quelles sont ses missions classiques ?

Même si le poste peut présenter un contenu qui varie selon les organisations des groupes, voici ce que revêt généralement cette fonction centrale.
Pilotage des processus budgétaires et des reprévisions (forecast et reforecast)
Le contrôle de gestion central prend en charge la conception et le pilotage des processus budgétaires. Il intervient pour définir les plannings, le cadre de restitution des budgets, le format des commentaires et de la présentation aux directions. Il rédige la procédure budgétaire et la diffuse. Il chiffre les paramètres clés des prévisions que toute l’entreprise doit respecter.
Analyse des performances mensuelles
Une fois les budgets annuels établis et validés, ce service central prend en charge le pilotage du contrôle budgétaire. Il analyse les reportings des différentes entités du groupe, avec la justification des écarts entre objectifs budgétaires et données réelles. Il communique avec les filiales ou directions opérationnelles pour obtenir des plans d’actions correctives afin d’atteindre les objectifs. Il les aide à projeter de nouveaux scénarios, afin d’améliorer la performance, en cas de déphasage avéré.
Suivi des prévisions et planifications
Le contrôle de gestion corporate définit la périodicité et le cadre des reprévisions et atterrissages. Il bâtit le format à respecter par toutes les entités du groupe. Il anime le rolling forecast, selon les processus définis dans le groupe. Il se met au service des différentes sociétés du groupe sur le plan méthodologique. Il analyse les prévisions et scénarios établis par chaque société et les consolide par branche ou pour son périmètre.
Contrôle de gestion opérationnel ou de branche
En fonction de l’organisation et de la taille du groupe, les fonctions FP&A en central présentent de la spécialisation, notamment dans les grandes entités. Ainsi, certains contrôleurs de gestion corporate prennent en charge :
- la gestion commerciale, avec l’analyse de la reconnaissance du revenu, des ventes, des marges, du carnet de commandes, des coûts de distribution, par branche, région, pays, etc. ;
- la gestion industrielle ou la gestion des opérations (sites industriels et supply chain) ;
- la gestion des services centraux (DG, DRH, DAF, communication et marketing, ou contrôleur de gestion IT notamment).
Par exemple, un groupe qui dispose de nombreux sites de production, présente une fonction de contrôleur de gestion industriel groupe ou central. Ce gestionnaire définit les besoins de reportings et les KPI financiers comme opérationnels, à suivre de façon transversale par tous les sites du groupe. Il anime les équipes de gestion de son périmètre.
Contrôle de gestion et projets
Vu la fonction centrale, ce type de financier présente toujours une part d’activité non récurrente : le pilotage de projets. En fonction des choix stratégiques du groupe, des rachats et des fusions ou du développement de certaines activités, il existe toujours un projet informatique en cours au minimum.
Qu’il s’agisse d’implémenter un ERP, de changer de logiciel EPM (enterprise performance management) ou BI (business intelligence), ce financier est mis fortement à contribution. Il joue le rôle d’animateur et de facilitateur pour son projet. Il déploie les solutions IT retenues dans les filiales dont il suit la gestion.
Quel est le profil du contrôleur de gestion central face à ces enjeux ?

Travailler dans un service corporate en finance, aux prises avec la direction générale et les opérationnels, demande de connaître la comptabilité. Certes, mais les compétences clés se situent aussi au niveau de l’état d’esprit.
Les compétences techniques et la formation
Les offres d’emploi pour du contrôle de gestion corporate exigent généralement les qualifications suivantes :
- Formation supérieure bac+5 en finance, du type école de commerce, Master 2 en contrôle de gestion et systèmes d’information ou Master CCA (comptabilité contrôle et audit).
- Éventuellement doublée d’une formation d’ingénieur pour les postes de FP&A dans le secteur industriel, notamment.
- Excellente maîtrise des systèmes d’information pour l’analyse des données (EPM, BI, ERP).
Les soft skills du FP&A à privilégier
Vu sa position très spéciale, entre le marteau et l’enclume, le contrôleur de gestion corporate fait preuve de compétences relationnelles et comportementales bien particulières. C’est un métier du chiffre, mais aussi, voire surtout, une fonction de communication majeure.
Rigueur, capacité d’analyse et de synthèse
Ces qualités se retrouvent chez tous les contrôleurs qui interviennent en finance, par définition. Un manager FP&A qui travaille de façon fantaisiste fait rarement illusion longtemps dans un groupe. D’ailleurs, les jeunes financiers qui cherchent des postes de stagiaires ou d’alternants au sein d’un tel service central peuvent rapidement vérifier si ce métier leur convient !
Proactivité, curiosité et dynamisme
Travailler en central n’est pas synonyme uniquement d’empilement de reportings. C’est un métier au contact de nombreux services, filiales, managers et contrôleurs de gestion. La personne curieuse et qui prend les devants dispose d’une longueur d’avance. Elle aide à identifier des explications pour des écarts. Cette attitude qui consiste à donner de son temps peut inciter ses interlocuteurs à collaborer et à mieux respecter les échéances.
Empathie, patience et esprit d’équipe
Le métier de contrôleur de gestion corporate c’est également accepter d’attendre et faire preuve d’empathie. Le fait de s’intéresser vraiment aux problèmes du terrain aide à identifier les pistes pour les résoudre. Plutôt que de rédiger une nouvelle procédure groupe et de l’imposer à tous, la concevoir en mode collaboratif contribue à son adoption. Rester à l’écoute de chaque gestionnaire facilite la compréhension de leurs contraintes et des difficultés rencontrées pour respecter les délais.
Savoir supporter la pression
Le travail au sein de la direction financière du groupe signifie que la pression augmente en général. Plus vous vous trouvez près des décideurs, plus vous connaissez les enjeux des études et du respect des délais. Postuler à un tel poste suppose donc d’avoir la capacité à résister au stress suffisamment, particulièrement en fin de mois et pendant la construction du budget. Même si les logiciels EPM ou BI, l’automatisation et l’IA aident à traiter les informations et bâtir des scénarios, la pression existe toujours.
Aimer le changement et les projets, notamment informatiques
Travailler en finance, surtout en central, peut paraître routinier. Effectivement, une part de l’activité récurrente revient chaque semaine et chaque mois. Mais, la vie des entreprises et des groupes, ce sont aussi des rachats, fusions ou scissions. Ce sont autant d’opportunités pour la direction financière de mener des projets avec la DSI.
Quant au changement d’outil, même à périmètre constant, c’est régulier, avec les évolutions technologiques permanentes. Si vous aimez ce contexte de travail, le contrôle de gestion corporate vous le fait vivre régulièrement.
L’expérience requise pour du FP&A en central
Plusieurs types de profils existent :
- Des postes plutôt d’exécutants, pour de la remontée de données dans le cadre des reportings et de leur consolidation. Ils conviennent à des débutants, souvent des jeunes en alternance ou des stagiaires. Ces assistants se frottent ainsi à la réalité du métier.
- Des postes de financiers confirmés, avec 3 à 5 ans minimum d’expérience.
Quels outils privilégier dans les équipes corporate FP&A ?

Chaque année actuellement ou presque voit arriver une nouvelle tendance ou technologie, utile à la finance. Le package du contrôleur de gestion corporate a fortement évolué.
La réduction du data crunching manuel
Rien de pire pour un service contrôle de gestion central que de devoir passer des heures chaque semaine et chaque mois à vérifier manuellement la fiabilité des informations. Chercher absolument à réduire le data crunching fait partie des bonnes pratiques. Le responsable contrôle de gestion qui souhaite éviter la désertion dans ses équipes doit impérativement étudier cette piste.
Les EPM comme IBM Planning Analytics ou Pigment facilitent et automatisent ce travail. Ils soulagent les directions financières avec un gain de temps à la clé significatif.
Les solutions d’automatisation des tâches
Les tâches de nettoyage des données et de consolidation ainsi que la rédaction des commentaires s’automatisent actuellement. Par exemple, IBM Planning Analytics with Watson, permet l’uniformisation des lignes qui proviennent de différentes sources d’information. Par ailleurs, avec l’API d’automatisation IBM Cognos, l’utilisateur de Planning Analytics for Microsoft Excel peut automatiser l’envoi périodique de tableaux de bord récurrents. Un autre exemple d’automatisation possible, c’est la fonctionnalité Pigment Automations. Elle surveille seule les données définies et envoie des alertes en vue d’actions requises.
La data, le reporting et la planification au cœur des préoccupations
Aujourd’hui, le pilotage de la performance tend à travailler davantage le futur que le réalisé. Les solutions pour bâtir des scénarios, soit la planification, deviennent incontournables pour le contrôle de gestion corporate. Ce sont des fonctionnalités qu’offrent des logiciels EPM. Chez Intis, équiper les directions financières de telles solutions, tant avec IBM que Pigment, fait partie du cœur de notre activité.
Les solutions de consolidation des informations
C’est une autre préoccupation importante d’un service finance. Oubliez le cauchemar des outils Excel pour la consolidation de dizaines, voire de centaines de filiales. Là encore, un EPM aide à croiser et à cumuler les informations qui proviennent de différentes bases de données multidimensionnelles.
La fonction corporate mérite de s’y attarder au cours d’une carrière de financier. L’élaboration de reportings consolidés, de scénarios prévisionnels, etc., connaît une évolution importante avec les logiciels EPM. L’amélioration des conditions de travail est réelle. Cela donne de nouvelles perspectives. Viser un rôle de business partner devient un rêve accessible. Chez Intis, nous sommes intégrateurs de tels logiciels et accompagnons les services financiers dans ces démarches. Pour échanger sur un votre projet, contactez-nous.


