Projet décisionnel : comment le réussir en multi-activité ?

Publié le samedi 23 mai 2026.

Un projet décisionnel représenté avec des tableaux de bord d'analyse de données

Votre groupe comporte de nombreuses sociétés et plusieurs secteurs d’activité distincts ? Ce contexte complexifie la réflexion et le déploiement d’un projet décisionnel. Pourtant, en adoptant la bonne démarche et le bon outil, par expérience chez Intis, nous savons que cela fonctionne. Cécile Deschard, associée dans notre scop, vous communique quelques règles simples afin de mettre toutes les chances de votre côté pour l’implémentation d’une solution BI ou EPM dans un tel cas de figure.

Ce type de projet informatique vise à mettre en place une solution dite décisionnelle, soit de Business Intelligence (BI) traditionnellement. Aujourd’hui, la tendance va davantage vers les solutions du type EPM (Enterprise Performance Management). Ces logiciels dépassent les fonctionnalités de la BI en matière d’exploitation des données. Ce sont des outils d’exploration de la data en vue d’aider à la décision, et qui ajoutent une brique planification indispensable au management de la performance.

Le projet décisionnel correspond à toutes les phases nécessaires pour déployer le logiciel, de la réflexion avec l’identification de la solution, jusqu’au « go-live », soit la date de bascule.

Les entreprises qui pensent à un logiciel EPM ou Business Intelligence ont désormais le choix. Quelle solution retenir et surtout sur la base de quels critères ?

Éviter l’attrait de la nouveauté pour des logiciels récents, mais sans références sérieuses

Projet informatique décisionnel

Les logiciels EPM récents vous semblent attractifs. Mais comment résistent-ils sur le plan de la robustesse ? Comment passent-ils l’épreuve du marché sur la durée ? Quelle est leur expérimentation de la multi-activité concrètement ? Des entreprises qui présentent une telle diversité dans leurs flux et dans leurs objectifs stratégiques, par société, par département, voire par BU, ne peuvent construire leurs outils sur du sable.

Pour un tel projet décisionnel, vous devez absolument consulter les références de l’éditeur dans ce type de déploiement complexe. Rendez-leur visite, interrogez-les et exigez des retours d’expériences clients.

Penser solution collaborative pour l’ensemble du périmètre de données et du groupe

Le choix d’un EPM doit viser la réponse aux besoins de tout le groupe, donc des sociétés et des activités comprises dans le périmètre. Chez Intis, nous avons rencontré trop d’entreprises qui multiplient les outils au sein du même groupe. La difficulté apparaît vite quand vous devez ensuite consolider toutes les informations. Alors, que retenir un logiciel EPM unique facilite l’agrégation, grâce aux fonctionnalités qu’il comporte. Il rend également la collaboration entre les services et entités bien plus simple.

Le comble, ce sont les entreprises qui finissent par ajouter une solution décisionnelle supplémentaire pour consolider l’ensemble ! Ce phénomène contribue à la création d’emplois, surtout chez les éditeurs de logiciels. Et aussi, il génère des surcoûts importants, ne serait-ce que pour la gestion de ces divers projets décisionnels.

Identifier les solutions de Business Intelligence du type multi-fonction

Êtes-vous plutôt team « Thermomix » ? Ou préférez-vous un système composé de multiples appareils mono-fonction adaptés aux différentes étapes de votre processus culinaire ? Ceux qui cuisinent et qui font ensuite la vaisselle savent quel équipement retenir. Pour la mise en place d’un logiciel décisionnel, c’est exactement pareil.

Un groupe d’entreprises multi-activités a tout intérêt à ne pas s’éparpiller avec plusieurs solutions. Data warehouse, data visualisation pour indicateurs et tableaux de bord, prévisions budgétaires, planification opérationnelle, Big Data, etc., vous avez le choix. Mais, mieux vaut s’orienter vers des outils qui couvrent toutes les fonctionnalités recherchées.

Se projeter avec un logiciel décisionnel évolutif

C’est une évidence en 2026 : l’intelligence artificielle transforme profondément les métiers de la finance d’entreprise, et notamment celui des contrôleurs de gestion. C’est devenu indispensable désormais d’intégrer l’IA dans la réflexion lors de la mise en place d’un outil décisionnel.

Avec l’émergence des agents IA, de super assistants qui agissent en toute autonomie, l’heure serait-elle venue d’envisager une nouvelle étape ? Celle qui verra l’IA décider seule et donc à notre place ? Même si les évolutions semblent ultra-rapides dans le domaine, nous restons souvent encore assez éloignés de ce schéma.

Mais déjà, vous devriez prendre en compte ces nouvelles technologies avec des applications concrètes et réalistes. Par exemple, l’élaboration de multiples scénarios agiles à l’aide de l’IA permet de détecter ceux que les commerciaux doivent éviter. Cela fait gagner un temps certain et contribue à fiabiliser la stratégie et les objectifs retenus.

Privilégier l’agilité et la souplesse de la solution décisionnelle

La multiplication des activités dans un groupe de sociétés entraîne la coexistence de nombreux business models avec chacun ses objectifs et sa stratégie. Retenir un logiciel pré-paramétré et peu modulaire risque de mal répondre à tous les besoins de ce type d’entreprise.

Ou alors, vous devrez tordre l’outil pour réaliser l’analyse des données et piloter la performance opérationnelle de certaines branches ou business units. Le projet décisionnel dans un tel contexte doit plutôt rechercher un logiciel qui vous laisse la capacité de fixer vos propres règles de gestion.

En outre, prenez garde à l’évolutivité du système choisi, notamment afin d’intégrer correctement les prochaines filiales ou branches d’activité. C’est également le cas lors de l’apparition :

  • d’une devise ;
  • de sources de données liées à un ERP supplémentaire dans le groupe ;
  • voire de systèmes d’information propres à une filiale rachetée.

La solution décisionnelle retenue doit être en mesure d’absorber toutes ces évolutions naturelles dans un groupe multi-activités.

Penser utilisateurs finaux et métier pour la meilleure adhésion au projet informatique décisionnel

Enfin, le bon outil décisionnel pour un groupe multi-activités convient d’abord à ses utilisateurs. Ergonomie et fonctionnalités vont de pair pour cette analyse des logiciels du marché. Si vous choisissez un logiciel en vogue dans les années 90, vous risquez de décevoir fortement vos équipes, à commencer par les contrôleurs de gestion.

C’est également le cas des opérationnels qui doivent parfois alimenter la solution en données, notamment pour la planification. Évitez de les rebuter d’emblée si vous souhaitez maximiser l’adhésion au projet pour ensuite faire tache d’huile dans votre groupe. Car, nous le savons par expérience, la réussite d’un projet décisionnel passe surtout par la qualité de l’interface utilisateur.

Enfin, soignez aussi l’administration fonctionnelle de l’outil, qui joue un rôle majeur, à côté de la DSI. Ces administrateurs fonctionnels sauront-ils amender le référentiel ? Pourront-ils intégrer de nouveaux fichiers de données ? Si oui, sous quel délai ?

Chez Intis, nous sommes convaincus que tous ces besoins sont à penser en amont du projet décisionnel. Car, nous l’avons malheureusement vécu dans certaines entreprises, il est essentiel de songer à ces besoins en amont.

Un projet d’informatique décisionnelle ne correspond pas à l’organisation d’une consolidation de gestion. Équiper un groupe de sociétés avec une kyrielle d’activités différentes d’une solution de Business Intelligence ou d‘un EPM dépasse l’analyse de données passées. L’objectif majeur de ce type de logiciel consiste bien à se projeter avec le maximum d’anticipation. Il vise à planifier l’avenir, en mode co-construction des budgets et des scénarios.

Bien structurer le projet autour d’un chef et d’une équipe judicieusement choisis

L’importance du sponsor pour un tel projet transverse dans le groupe s’avère essentielle. Souvent issu de la direction, il donne l’impulsion et explique la stratégie retenue. Il s’assure de l’atteinte des objectifs fixés, définit le budget et alloue les ressources nécessaires au déploiement. Il nomme le chef de projet.

Ce dernier constitue son équipe. Pour un projet informatique décisionnel, sa composition joue fortement sur la réussite. Prenez soin de choisir des personnes motivées et proactives qui tireront le projet de façon positive. Vos key users seront les meilleurs ambassadeurs de la solution décisionnelle retenue auprès des filiales ou des BU.

C’est le chef de projet qui prend en charge la communication autour du projet, y compris en amont de chaque étape clé. C’est une démarche qui favorise l’adhésion et qui aide à détecter les incompréhensions.

Voir grand, commencer petit et aller vite : la méthode agile

Un projet décisionnel en méthode agile

Cette citation d’un célèbre homme d’affaires algérien résume ce que signifie la méthode des petits pas, Kaizen ou méthode agile en matière de déploiement d’un projet informatique.

Inutile de vouloir tout modéliser en une seule fois, surtout dans un groupe important et multi-activités. Mieux vaut grandir phase par phase. Le contraire nous semble d’ailleurs présomptueux pour plusieurs raisons :

  1. La quantité de business models et de sources de données peuvent allonger considérablement le projet. Si vous avancez de façon figée, sans même réviser vos objectifs en cours de déploiement, vous risquez de ne jamais arriver à bon port.
  2.  Un outil décisionnel exige une prise en main opérationnelle. Les différents services impliqués dans l’utilisation du logiciel de Business Intelligence ou EPM doivent pratiquer encore et encore. C’est la meilleure manière d’acquérir la capacité d’analyse nécessaire afin d’exprimer les besoins correctement. Dans la pratique, nous rencontrons souvent des entreprises qui réussissent leur second projet décisionnel, après avoir connu l’échec avec le premier. C’est ainsi que l’équipe projet s’améliore et apprend de ses propres erreurs.
  3. Mieux vaut livrer rapidement des modules du logiciel pour quelques business units que de vouloir effectuer un go-live en une seule étape. Ce sont ces mises en service partielles et rapides qui aident à assimiler les outils. C’est la meilleure manière d’accompagner le changement. En outre, ces BU satisfaites du logiciel, en réalisent parfaitement la promotion auprès des autres qui tardent à franchir le pas.
  4. L’implication significative des fonctionnels s’impose pour un projet décisionnel. Le mode agile permet de les solliciter au bon moment et de façon judicieuse, notamment pour définir les indicateurs essentiels à leurs tableaux de bord. En effet, le contrôle de gestion reste généralement le premier contributeur en matière de ressources et c’est souvent complexe d’obtenir la participation active du reste de l’entreprise. Ils considèrent qu’un tel projet représente une charge de travail considérable qui s’ajoute à leur emploi du temps déjà saturé. Avec la méthode des petits pas, tout le monde avance étape par étape.

Soigner l’accompagnement de l’entreprise par des experts en projets décisionnels

Quel que soit le secteur d’activité d’une filiale ou d’une BU, la modélisation décisionnelle demande de l’organisation et de l’expérience. Nous avons détaillé dans un autre article les bonnes pratiques et choix organisationnels pour un projet EPM. Nous y avons expliqué notamment quels types de fonctionnement retenir pour déployer des solutions BI ou EPM dans les entreprises. Délégation intégrale à un sous-traitant, se former auprès de l’intégrateur pour tout réaliser en complète autonomie ou gérer le projet en mode coaching, réfléchissez bien avant de prendre votre décision.

En cas de multi-activité, encore davantage, confiez votre projet à un développeur expérimenté sur le plan fonctionnel. Un tel projet informatique sort des schémas classiques. Il s’agit de la mise en place d’une solution dédiée aux directions fonctionnelles ainsi qu’aux filiales du groupe. Exigez lors de la recherche d’un consultant en Business Intelligence la preuve qu’il connaît votre métier. Assurez-vous qu’il a mené avec succès de tels projets. Vérifiez ses références et contactez les entreprises pour échanger sur leur retour d’expérience.

Consultez aussi notre article sur les bonnes pratiques en matière d’accompagnement d’un projet informatique.

Bien définir le Core Model de sa solution décisionnelle

Le Core Model correspond à l’ensemble des règles de gestion, référentiels, modèles et processus communs et partageables. C’est la garantie de pouvoir standardiser ce qui constitue la colonne vertébrale d’un système informatique. Appliqué à un projet décisionnel, cela revient à concevoir l’arête centrale de l’application, qu’il s’agisse des données financières ou opérationnelles.

Nous recommandons de bâtir un Core Model pour un tel projet informatique décisionnel. Ainsi, vous définissez ce qui est attendu à l’échelle du groupe, notamment en matière d’indicateurs et avec quelle granularité. Cela facilite l’insertion de n’importe quel module en provenance d’une filiale.

C’est à la fois là que tout commence et que tout s’achève. Sans la définition de cette voie centrale, commune à tous les utilisateurs et toutes les activités, mieux vaut différer le projet. Une définition insuffisante du niveau d’harmonisation attendu conduit votre solution BI ou EPM à l’échec.

Privilégier la méthode collaborative et agile

Un tel projet informatique exige de la souplesse à toutes les étapes. Tout ne doit pas venir de décisions de la DSI. Nombreux sont les utilisateurs concernés au sein de l’entreprise. Adoptez une attitude d’ouverture et de collaboration. Commencez par casser les silos. L’emploi de ce type de méthode favorise l’émergence d’idées et le dialogue entre les services fonctionnels et les filiales ou BU opérationnelles.

Pour la conduite du changement qu’impose souvent l’implémentation de nouveaux outils informatiques, rien de mieux que la co-construction ou le co-développement. Les logiciels EPM actuels facilitent d’ailleurs l’insertion des équipes fonctionnelles dans les travaux de développement et de paramétrage. Ils sont conçus à leur main, avec une ergonomie conviviale et intuitive adaptée à ce type de client.

Même si ces utilisateurs clés ne peuvent pas tout résoudre seuls, le fait de participer les prépare à un rôle futur essentiel : celui d’administrateurs fonctionnels de la solution BI ou de l’EPM.

La réussite de votre projet en matière de solution décisionnelle dépend donc de quelques ingrédients majeurs. Adoptez un outil souple et robuste. Mettez en place une organisation basée sur une équipe motivée et soudée, autour d’un chef de projet expérimenté, et qui allie le métier aux services fonctionnels. Procédez à la définition d’un Core Model costaud. Ainsi, vous avancerez sereinement, étape par étape. Vous envisagez un tel déploiement avec une des technologies EPM que nous préconisons ? Contactez-nous pour échanger sur les modalités d’accompagnement qui vous conviendraient le mieux.