Le reporting extra-financier pour des prévisions plus fiables

Publié le mardi 9 juin 2026.

reporting extra-financier

Quand on pense reporting, on imagine aussitôt chiffres financiers et indicateurs clés autour de la comptabilité et du contrôle de gestion. Pourtant, les données extra-financières complètent judicieusement l’approche de la performance. Avec l’évolution de la réglementation en matière de durabilité, notamment avec la directive CSRD, le reporting extra-financier a davantage le vent en poupe dans les entreprises.

Mais il ne devrait pas se limiter aux critères ESG (environnementaux, sociétaux et de gouvernance). Le reporting opérationnel aussi contribue à enrichir la visibilité dans le cadre de l’élaboration de prévisions avec un logiciel EPM. Tout cela améliore les prises de décisions par les dirigeants et managers.

Ce terme se rencontre dans des situations où des données autres que celles issues de la finance sont exploitées et mises en forme pour du reporting.

Contenu et objectifs du reporting extra-financier

Ce type de rapport aux dirigeants peut aborder de nombreuses thématiques non financières. Il vient compléter l’approche traditionnelle basée sur la data comptable, afin d’enrichir la compréhension des activités et du marché. Il peut comporter des informations opérationnelles quantitatives et qualitatives, qu’il s’agisse des aspects commerciaux, logistiques, de production ou RH.

Une terminologie qui évoque souvent le rapport RSE de l’entreprise et les critères ESG

Vous rencontrez également fréquemment ce type de reporting extra-financier pour désigner les rapports liés à la durabilité d’une société.

Les enjeux de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) prennent de plus en plus de place dans la communication des sociétés. L’objectif de ces publications de données extra-financières vise à renforcer la confiance et la réputation de l’entreprise, vis-à-vis des tiers et des investisseurs.

La définition d’une stratégie RSE conduit à définir des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) et à les suivre dans des tableaux de bord et reportings.

C’est désormais la directive CSRD 2022/2464 de l’Union européenne qui encadre les obligations de publication d’informations non financières. Elle a succédé à la directive NFRD. Notamment, elle prévoit la mise en place de normes européennes ESRS pour cadrer le contenu des rapports de durabilité. Ce rapport remplace l’obligation antérieure de déclaration de performance extra-financière (DPEF). Le ministère de la Transition écologique parle même de rapportage extra-financier des entreprises.

Toutefois, la directive Omnibus I du 24/02/2026 est venue alléger la réglementation CSRD en Europe. Le périmètre des structures concernées par la publication d’informations extra-financières se réduit. La France doit transposer ce texte en droit français d’ici le 19 mars 2027.

Pour faire le point sur vos connaissances et vos obligations en matière de CSRD, consultez l’article sur les nouvelles obligations des entreprises.

Des sources d’information variées à exploiter pour maximiser la performance

Les données financières ont longtemps constitué l’élément central des modèles de prédiction. La donnée du passé représentait aux yeux des gestionnaires un bon indicateur pour prévoir le futur. C’était surtout l’unique data disponible. Désormais, les sources de données se sont multipliées (données opérationnelles et big data). C’est une excellente nouvelle pour le pilotage de la performance.

La quantité et la variété des informations extra-financières permettent :

  • de répondre à la complexité de l’activité ;
  • d’accroître les choix des consommateurs ;
  • d’augmenter le nombre de canaux du marché, etc.

C’est ainsi que le reporting extra-financier est devenu peu à peu une évidence pour les entreprises.

Tout dépend s’il s‘agit d’indicateurs de nature obligatoire dans le cadre de la CSRD ou de KPI opérationnels propres à l’activité de l’entreprise.

Des indicateurs ESG conformes à la directive CSRD et aux normes ESRS

Ces indicateurs extra-financiers doivent répondre aux standards européens de reporting en matière de durabilité (ESRS) :

  • Les normes transversales, soit pour des informations générales sur la stratégie de l’entreprise, le pilotage des risques et des opportunités.
  • Les normes thématiques, soit sur les aspects liés à l’environnement, la gouvernance ou la gestion sociétale. Ils constituent des enjeux purs de durabilité.
  • Les normes sectorielles, en cours d’élaboration d’ici 2027 (définition des enjeux qui peuvent présenter de la matérialité dans un secteur spécifique et non couvert par les normes thématiques).

Les indicateurs pour déterminer le bilan carbone

Le bilan carbone vise à mesurer les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre d’une entité. Les structures qui ont l’obligation de l’établir réalisent un bilan réglementaire BEGES, tel que défini par la loi Grenelle II. Cela concerne notamment les entreprises privées de plus de 500 salariés. La méthode d’évaluation fait l’objet d’une définition normée. Le détail de cette réglementation se trouve sur le site spécial de l’ADEME, qui, en outre, publie tous ces bilans carbone.

Exemples de KPI efficaces et issus d’analyses extérieures à l’entreprise

Bien que spécifiques à chaque secteur d’activité, certaines données extra-financières peuvent constituer des indicateurs clés de performance qui impactent le résultat de l’entreprise.

Voici des exemples de constats réalisés chez intis, lors de nos missions dans les entreprises :

  • Les analyses de recherche sur le Web renseignent parfois mieux sur la demande que les données de vente internes à la société.
  • Les enquêtes de satisfaction client indiquent l’efficacité de l’expérience client bien avant que l’on détecte une hausse ou un ralentissement de l’activité.
  • Un changement d’effectif ou un turnover anormal peuvent laisser présager des problèmes d’approvisionnement ou de back-office, en amont de l’impact sur l’EBITDA ou la marge brute.

Et si les indicateurs extra-financiers apportaient davantage de pertinence aux prévisions financières ? C’est aussi une situation que nous vivons chez certains clients qui développent ce type de reporting, notamment pour piloter la performance opérationnelle.

Le reporting non financier : plus de visibilité et de meilleures décisions pour la gouvernance

La mise en place des outils et des méthodes pour contrôler et modéliser l’impact des données extra-financières accroît l’agilité des entreprises. Plus précises et plus réactives, les sociétés adaptent mieux leur stratégie de demain face aux risques identifiés.

Les rapports financiers et les reportings extra-financiers apportent aux actionnaires, dirigeants et investisseurs une meilleure compréhension de la performance et du positionnement de l’entreprise. Chose que les seules données financières ne savent pas bien faire.

La nouvelle directive européenne des reportings extra-financiers (CSRD) vise à rehausser la qualité des rapports extra-financiers des entreprises européennes. Avec de tels standards, l’objectif est d’apporter aux investisseurs et aux actionnaires une image plus compréhensible de la performance d’une structure.

L’impact de l’extra-financier sur la qualité des prévisions

Selon des enquêtes d’IBM (*), les entreprises qui réalisent le meilleur usage de leurs reportings extra-financiers :

  • sont 2 fois plus capables de sortir une prévision dans les 24 heures, sachant que 25 % d’entre elles atteignent leurs objectifs ;
  • sont parvenues 2,5 fois mieux à répondre rapidement aux évolutions du marché ;
  • élaborent des prévisions plus précises (0-5 %) pour la moitié d’entre-elles.

En bref, la data extra-financière entraîne davantage de rapidité, de réactivité et de précision.

Les reportings extra-financiers : plus de visibilité et de confiance

Toujours selon ces études, les fonctions finance et autres prévisionnistes qui exploitent vraiment le reporting extra-financier :

  • parviennent deux fois mieux à établir des prévisions fiables à plus de 12 mois ;
  • présentent un meilleur degré de confiance dans leurs processus PBF (Planning, Budgeting et Forecasting).

La direction générale a conscience que les indicateurs financiers ne peuvent pas montrer à eux seuls les forces et les faiblesses de l’entreprise. Pourtant, améliorer et prendre le contrôle des informations en dehors de la finance ne fait pas partie de leurs urgences. Les répondants la classent même au dernier rang des priorités en matière de processus de planification financière comme opérationnelle.

Utiliser efficacement les indicateurs extra-financiers requiert :

  • une compréhension claire des indicateurs pertinents à insérer dans tout rapport ;
  • une méthode d’analyse éprouvée ;
  • une formalisation des retours de ces indicateurs clés.

Les entreprises qui présentent une intelligence forte en matière d’indicateurs de ce type et les utilisent de façon efficace sont souvent les plus avancées dans la modernisation de la fonction.

L’étude d’IBM, citée précédemment, sur le futur de la fonction finance date de dix ans et n’a pas pris de rides. Elle met en avant l’importance pour le processus de transformation du métier de déployer de nouvelles méthodes en matière de PBF :

Selon l’étude, ceux qui exploitent le mieux le potentiel de la data extra-financière sont deux fois moins nombreux à considérer l’automatisation et la standardisation comme des obstacles au processus d’amélioration.

Ceci sous-entend que les entreprises qui se concentrent sur ce type de données sont déjà engagées dans une approche technologique innovante. Et, surtout, elles ont davantage avancé dans le déploiement de leurs dispositifs de planification et d’élaboration budgétaire (PBF).

Elles savent comment collecter les données en dehors de la finance, afin de :

  • renforcer leurs prévisions ;
  • améliorer leur visibilité sur les performances ;
  • et aider à promouvoir des pratiques business agiles.

Chez Intis, nous accompagnons la direction finance des entreprises (principalement) dans la mise en place de solutions EPM, donc en faveur du pilotage de la performance. Que vous choisissiez IBM Planning Analytics ou le logiciel Pigment, tous deux vous facilitent la gestion de la planification tant financière qu’opérationnelle.

Ces outils vous permettent d’intégrer tous les types de données, dont le volet extra-financier, que l‘approche soit durable ou pas. C’est une opportunité d’accroître sensiblement la pertinence et l’efficacité de vos projections, quels que soient l’activité, le service opérationnel ou fonctionnel. Vous envisagez un tel projet décisionnel ou EPM ? Échangeons afin d’identifier comment nous pourrions vous y aider.

Sources :

  • étude IBM, Non-financial data, the forecasting game changer ;
  • étude IBM : The future of planning, budgeting and forecasting, chapter 1.